La situation en Janvier-Février 1917

En janvier 1917 la « Grande Guerre » a déjà fait 950 000 morts. Après leur échec devant Verdun, les Allemands ont reculé mais le front est toujours très proche de Nancy, où Pierre Collot est au collège de Bar le Duc, où résident ses parents (http://www.carto1418.fr/19170101.php).

L’hiver 1916-1917 est terriblement froid, il fait -25°C, le vin gèle dans les tranchées. Après la terrible Bataille de la Somme en novembre 1916, le moral des troupes est au plus bas mais quelques éléments positifs pointent à l’horizon : l’entrée des Etats-Unis dans la guerre au côté des Alliés et la bonne marche du programme d’armement : canons de 155 mm, nouvelles mitrailleuses, premiers chars d’assaut.

C’est dans ce contexte que Pierre Collot, pensionnaire au collège Saint Sigisbert de Nancy, prépare son deuxième bac, qu’il doit passer en mars 1917.

Il est né à Nancy le 28 mars 1899, 3ème d’une famille de 8 enfants (5 filles et 3 garçons). Charles Joseph Collot, son père est notaire à Bar le Duc, rue Voltaire.

Dès la déclaration de guerre le 2 août 1914, Pierre et sa famille sont plongés dans  l’ambiance de la guerre puisque Bar-le-duc, lors de la Bataille de la Marne, se trouve à 12 Kms du front ; c’est aussi de Bar-le-duc que part la fameuse Voie Sacrée  pour rejoindre la zone de Verdun et alimenter ce front en troupes et matériel.

La mise en jeu du destin national, le désir de reprendre l’Alsace-Lorraine, la présence nombreuse de troupes diverses, le bruit lointain de la canonnade, les récits des batailles au travers des journaux des relations orales de ceux qui reviennent du front, créent un climat favorable pour impressionner la jeunesse de Bar-le-duc, sans oublier que toutes les familles barisiennes ont un enfant mobilisé sur le front et que chacun raconte à tous des histoires de guerre, facilitant ainsi une émulation qui frappe les jeunes qui meurent d’envie d’aller en découdre.

Pierre fait partie de ces jeunes et voudrait s’engager, mais son père exige qu’il ne parte qu’après avoir réussi son baccalauréat ; malheureusement il échoue à la première partie et va redoubler sa 1ère(latin – grec)  au collège Saint Sigisbert à Nancy où son père a fait ses études secondaires. Cette année se termine par le succès ce qui lui permet de faire sa classe de Philosophie dans ce même collège.

Pendant ces 2 années Pierre écrit à ses parents et ses frères et sœurs : il raconte avec beaucoup de verve ce qui se passe dans son collège, les chahuts, les punitions qu’il ne méritait pas, bien entendu, mais aussi ce qu’il entend de la guerre, notamment de fortes détonations provenant de gros bombardements à Frouard (à 9 km de Nancy) où la ligne de chemin de fer, qui va à Bar le duc, est coupée.

L’ambiance patriotique est soutenue, 3 extraits de lettre révèlent le sens plutôt exacerbé de l’état d’esprit des élèves. Par exemple, dès que le professeur d’histoire prononce les mots  Allemagne et Autriche, il déchaîne des « HOU sauvages »ou un grondement sourd !  Dès qu’il parle du musicien qui a créé le « Chant du Départ », toute la classe entonne en sourdine ; « La Victoire, en chantant…. »

En  octobre 1915, Pierre écrit ce petit poème, qui montre son patriotisme, sa foi chrétienne et … un petit talent littéraire :

Seigneur, Cette guerre maudite et funeste à la fois
Voit brûler les villages de notre Barrois.
Partout c’est le malheur et la misère
Partout ce sont les atrocités de la guerre
La liste des ruines est trop longue déjà
Et la guerre ne finit encore pas.
Oh, Dieu, qui aime les francs
Aie pitié de tes enfants
Nous t’en supplions, Seigneur.
Fait reculer les ennemis triomphant
Rends à la France tous ses enfants
Ramène nous la paix et le bonheur.

Il a déjà demandé à ses parents l’autorisation de s’engager dans l’armée française mais son père a posé comme condition sa réussite préalable au baccalauréat.
Et il faut croire que l’armée française n’a pas besoin de soldat car c’est à un vrai parcours du combattant que doit se livrer Pierre pour réaliser son désir quand il faut de front se démener dans toutes les démarches.

Ce sera l’objet de la prochaine lettre, qui sera publiée le 24 février.

 

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