Nous avons manœuvré devant lui : je vous assure que ça pétait sec et que cela bardait.

Valdahon 18 Mai 1917

Chers Parents

J’ai reçu aujourd’hui la lettre d’Elise et le mandat de papa, je les remercie bien sincèrement de l’un et de l’autre. Le tout arrivait à temps. Je pense que maintenant vous avez reçu ma lettre et que vous avez des détails sur ma vie. Elle s’écoule monotone, tranquille, très tranquille et très réglée, mais il parait qu’à partir de la semaine prochaine cela va barder. On verra ! d’après les bruits qui courent l’examen aura lieu du 10 au 15 Juin ! Et ceux qui seront admis resteront ici jusqu’au mois d’août : donc pas de permissions avant, sauf à la Pentecôte 48 heures dont je ne sais que faire.

Maintenant, pour vous donner des nouvelles, ce sera difficile, je ne sais vraiment quoi vous dire d’un peu intéressant. Nous sommes bien logés, bien nourris, aussi bien soigné qu’à Lons. A tout point de vue, il n’y a pas de critiques à faire sur la vie que nous menons. Hier, nous avons eu la visite du Général Weiss qui venait nous inspecter.
Nous, les aspirant du 5, nous avons manœuvré devant lui : je vous assure que ça pétait sec et que cela bardait. Le général nous a félicités ainsi que notre caporal de notre belle allure : c’est de nous qu’il a eu la meilleure impression parait-il.
Il est vrai que nous les chasseurs nous en mettons ; aux exercices de marche, nous entrainons les biffins à une si belle allure, qu’ils couraient presque derrière nous. Aussi, pour éviter cela, on nous oblige à marcher au pas de biffin quand nous sommes avec la compagnie. Nous en mourrons de honte.
Papa me demande des détails sur mon diner chez M. Klippfel. Tout s’est très bien passé. J’ai été avec lui depuis 6 heures jusqu’à 8 heures, j’ai mangé avec lui à l’hôtel. Nous avons devisé de choses et d’autres. Je n’ai pas pu le revoir avant de partir ici, ni le remercier : faut-il lui écrire ?
A propos d’écrire, j’ai nombre de lettres en retard : tous les jours, j’en écrit et je n’ai pas encore fini.
Quand je suis parti de Lons, le bruit courait que Mr Klippfel allait quitter le dépôt, pour passer commandant. Je ne sais pas si c’est vrai.
J’espère que vous pourrez satisfaire au plus vite ma commande de bandes et chaussures : cela presse.
Maintenant, je suis obligé de vous quitter, il faut que je parte à l’exercice.
Au revoir, je vous embrasse tous bien affectueusement. Pensez à moi pour l’examen

 

P.Collot

Je remercie André de sa médaille et je l’embrasse bien fort.

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