Le camp doit être évacué pour le 22 pour laisser la place aux troupes américaines

Le Valdahon le 10 Juin 17

 

Chers Parents

 

Enfin, voilà quelques minutes pour vous écrire et vous donner un peu plus longuement de mes nouvelles.
J’ai reçu la lettre de Jeanne Samedi et je la remercie. Il y a moins de papier perdu dans ses lettres que dans les miennes. Ce n’est pas de ma faute. Nos journées sont toujours bien remplies. Cependant pour cette semaine, il y a relâchement.
Pour 2 raisons : Primo, nous avons changé de Capitaine. Nous avons un capitaine de biffins du 133, très chic pour les hommes, et prenant très soin d’eux. Nous nous en apercevons ;
Secundo : Lundi, nous commençons l’examen d’entrée à l’Ecole pour l’instruction générale : cela va chauffer et les pistons ( ?) vont arquer. Car je crois que c’est là tout l’argument décisif pour l’examen. Pour cette raison on nous laisse 3 à 4 études d’instruction générale par jour. On a plus de facilités pour potasser et pourtant on se sent bien rouillé. Trois mois d’exercices physiques endorment un tantinet les autres facultés. Enfin j’ai confiance en vos oraisons. N’y manquez pas. L’instruction militaire plus décisive sera poussée à fond, une fois cet examen passé, et au mois de Juillet, on achèvera de faire le concours. On entrera à l’école, commencement Août. De toute façon j’aurai ma perm. fin juillet. Je serai en effet au bout de mes 4 mois. On ne nous parle plus des éliminations. Je ne sais pas ce qu’il en est. En tous cas, la question à l’ordre du jour, c’est le transfert du peloton à Poligny. En effet, le camp doit être évacué pour le 22 pour laisser la place aux troupes américaines. Ce n’est pas encore bien sûr qu’on ira à Poligny, mais en tous cas on va quitter le camp.
Aussi ce que demandait Mme Gaussot m’a l’air bien incertain et je n’ose pas insister de peur qu’en cas d’acceptation, un ordre militaire bouleverse tout. En effet, d’un jour à l’autre nous pouvons partir, sans crier gare. Donc, malgré mon grand désir que cela se réalise, je me vois obligé de demander, en catimini des Gaussot, de ne pas accepter cette invitation. Du reste, ce serait beaucoup de frais pour peu de temps : à peine 24 heures. Il aurait fallu faire cela plus tôt.
Notre vie est toujours aussi mortellement monotone : ces derniers temps, on nous a bourré de gym. L’autre jour nous sommes allés au tir : j’ai fait 17 pts sur 18 avec 9 balles. Cela diffère de mon premier tir qui avait été complètement raté. Dimanche, je suis allé chez Gaussot. J’ai assisté à la messe avec eux, et je me creusais la tête pour trouver quelle fête c’était. Je me suis aperçu au sermon que c’était la Fête-Dieu : où sont les processions de St Louis !!!!
Je ne me suis pas encore fait rephotographier, ce sera pour l’un de ces 4 matins.
J’espère que Françoise va bien mieux. C’est qu’à Bar, vous avez un temps bien plus beau que le nôtre. Tous les soirs il y a un orage ici, et des orages qui comptent.
Mon encre tarit sur ma plume, la muse épistolaire m’a coupé le fil. En attendant de vos bonnes lettres, je vous embrasse tous affectueusement avant de vous quitter.

P. Collot

 

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