Hier, lundi, j’ai été lancer des grenades. A la première j’étais un peu ému.

Le 14 Août

Je rouvre ma lettre que j’avais oublié de mettre à la poste lundi, et j’y ajoute le compte rendu de ces journées.
Dimanche donc, après avoir écrit la lettre ci-jointe, je suis allé aux vêpres, puisqu’il est impossible d’aller à la messe le matin, puis je me suis acheminé vers le domicile de Mme Hussenot. J’avais cru que Papa m’avait dit le n°20 de la Rue du Désire, et j’ai trouvé finalement le domicile de la dite dame au n°86, dans une gentille Villa. Je me suis présenté et ai été très bien accueilli. Elle m’a causé de Papa avec beaucoup de chaleur, en me disant qu’elle aurait été bien contente de le voir venir ici. Elle m’a demandé des nouvelles de Bar, les notabilités défuntes etc. et ma foi elle était plus renseignée que moi.
Elle est sourde et j’étais obligé de crier à tue-tête. Heureusement qu’à ce maudit peloton, on nous a fait faire de l’école d’intonation.
En sortant, je n’ai pas été fichu de retrouver un copain quelconque et j’ai été obligé d’aller au restaurant tout seul faire mon repas ordinaire du dimanche.
Puis je suis remonté tranquillement en passant par le parc où j’ai fait tellement de tours et de détours que je suis ressorti par où j’étais entré.
Hier, lundi, j’ai été lancer des grenades. A la première j’étais un peu ému. On la voit fuser dans la main, mais je me suis habitué et à la fin, je les lancées aussi correctement que si c’eut été des caillasses. Mais vous parlez du chambard !
Le soir, nous avons passé la visite médicale mensuelle et le capitaine nous a dit que nous partirions définitivement jeudi. Cela colle ! C’est mortel, ici. Le soir à 6 heures, j’ai reçu une carte de Mme Hussenot m’invitant à diner avec elle. Il a fallu faire vite pour me préparer, enfin suant soufflant à 7 heures, j’arrivai à bon port. Je n’étais pas trop en retard attendu qu’on attendait aussi le fils Devaux qui était un peu en retard aussi. A son arrivée nous nous sommes mis à table et nous avons fort bien diner.
A 8 ½, je me suis trotté en 3ème vitesse et je suis arrivé juste pour l’appel à 9 heures.
Je tacherai d’aller lui faire ma visite de digestion demain.
Je ne vous écrirai sans doute plus d’ici et je vous quitte en vous embrassant tous affectueusement.

 

P.Collot

Le temp est affreux ici ! Je ne ne vous en souhaite pas tant à Bar.

170814-1.png170814-2.png

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s