Nous sommes assez pénards mais c’est trop beau pour que cela dure, la semaine prochaine pourrait nous voir travailler dans le granite alsacien.

Aux armées
le samedi 18 novembre 17

Chers Parents

Au moment où j’allais prendre la plume pour vous écrire, le vaguemestre me remet un paquet . « Encore » criais-je alors.
Il est vrai que vous me comblez :  avant-hier de la lecteure, aujourd’hui un colis contenant le modeste offrande de tous. « Modeste », dis-je, quelle lapsus lingue. Toutes sont également précieuses par leur touchante inspiration. Plus besoin de poignard maintenant, mon couteau fera l’affaire et même et même très bien. C’est une arme sure, et courante à la guerre, c’est pourquoi je vous en demandais un. La pipe est épatante, et je vais commencer la délicate opération du culottage.

Le temps ne me manquera pas, vu que je suis de garde aujourd’hui et que j’ai devant moi 24 heures d’ennui.

Mais avec ta pipe, le temps sera tué plus surement qu’avec un couteau.

J’ai glissé dans mes cartouches hier les petits paquets et de temps à autre, je vais à cette source surprenante… de délicates surprises.

J’espère que ce n’est pas par ironie et vous moquer de notre repos que vous me foudroyer d’une telle décharge de pruneaux. Le feu de salve franc à domicile est comique mais vous avez atteint votre but. Tous les projectiles vont porter… Avec une telle précision qu’ils vont tous passer par le même trou!!! En faisant plus de bien que de mal.

Vivent les projectiles humanitaires !!!

Pas grand-chose de nouveau. Nous sommes assez pénards mais c’est trop beau pour que cela dure, la semaine prochaine pourrait nous voir travailler dans le granite alsacien.

Elle ne me verras pas encore, je crois en tenue de permissionnaire.

Le temps est assez beau en ce moment, la promenade est plutôt pénible, et humide au possible et les champs sont de véritables l’éponges;

J’espère que vous êtes toujours tranquille à Bar. J’ai reçu hier une lettre de René me demandant de l’aviser de ma perm.. Il viendrait me voir en 24 heures. Il accompagne sa lettre d’une image nationale de grande valeur, au moins de 20 francs

J’ai reçu également Schwarz Henri. Si seulement je pouvais me tamponner avec lui en perm. Ah ! J’oublie d’accuser réception à Guite de sa lettre ! Merci.

Je joins à ma lettre mes impressions de combat   et je termine en vous embrassant tous affectueusement et en vous disant encore un grand et sincère merci.

 

P.Collot

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