Verdun m’a vu pékin, le 2ème Verdun me verra en ligne ! Et j’en serais heureux !

Aux Armées le 20 décembre 17

Chers Parents

J’ai reçu aujourd’hui une lettre d’Élisabeth, que j’ai lue avec énormément de plaisir. La Poste est donc facétieuses de votre côté comme du mien. Pourtant ne lui attribuez pas le retard de ma dernière lettre. Rappelez-vous que nos lettres ne sont jamais transmises pendant nos déplacements, mais seulement après, quand ils sont terminés. Cette fois ci, j’ai reçu la lettre d’Élise datée du 10, aujourd’hui jeudi 20. C’est un progrès. « Pourvu que cela dure ».
Je suis en train de me demander si Noël me verra à Bar ou aux tranchées. Les deux hypothèses sont valables et chacune pèsent également dans la balance. Laquelle l’emportera ?
Me souvenant de certaines pieuse pratique cher à ma sœur, j’ai fait une neuvaine pour être à Bar à Noël ! Aussi j’aurais confiance jusqu’à la dernière minute.
Si j’étais en permission pour Noël et le Nouvel An, ce serait d’un bonne augure pour ce 1918, qui s’annonce redoutablement belliqueux.
Car je ne me cache pas que si les boches font un grand coup nous allons y bondir. ème Je disais donc que Noël me verrait aux tranchées si je n’étais pas à Bar. Nous allons commencer en effet notre hiver de guerre, et dans ces régions il peut compter. Nous ressentons déjà les effets à la fois glaciaux et puissants. À propos. J’ai reçu le colis. La « liquette » me plaît les « chaussettes » sont déjà ajustées a mes « panards » où elles font forts bel effet, le passe-montagne colle comme un gant. Comment Jean l’enfilait-il donc ? Il entre et ressort à merveille ! Merci pour Élise! Si Jane … voulais … me … faire … des … gants ??? Mes « rallonges » en serais heureuses.
En effet je ne veux pas me « frigorifier » pour le printemps ?!
Dans une dernière lettre, vous me demandiez si nous avions reçu la fourragère ? Pendant que nous étions à Besac, Pétain est venu la remettre au bataillon, ou plutôt à son fanion, et samedi dernier on nous a distribuées. Elles orenent maintenant vareuses et capotes.
J’admire le sang-froid d’Alphonse qui vous accuse réception de ma lettre et ne me le fait pas dire pour une missive. « Us et coutumes » de la famille. René m’a pourtant déjà écrit deux ou trois fois.
Je vous donne la suite de mon feuilleton qui traîne… a votre avis sans doute! Absolve, Domini et Dominae.
Nous ne sommes plus au patelin où nous étions. Nous sommes 8 km plus loin dans un patelin qui est « Moche » ou « Moosh » à double titre.(Intelligenti pauca !). Le Père de Colardelle est enterré ici.
Je termine et vous embrasse tous affectueusement.

P.Collot

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