Quand vous recevrez ces mots, nous serons en ligne. C’est pour demain en effet, qu’on remet cela

Le 6 janvier 17

Chers parents

Je reçois aujourd’hui les trois lettres combinées de papa, Beth, Jean. Je les remercie tous les trois et papa aussi de son billet.
Ce sera des provisions pour quand on redescendra. Car quand vous recevrez ces mots, nous serons en ligne. C’est pour demain en effet, qu’on remet cela pour le V… A….  C’est assez tranquille, aussi vous faites pas de bile. Du reste, je vais aller en perm pendant une partie du temps que nous allons en ligne. Que Papa ne fasse pas trop de démarche, comme je vous l’ai expliqué dans une lettre dernière. Le tour de perm et régis par circulaire et je ne suis pas le seul dans mon cas. C’est inévitable quand on entre dans un bataillon. Du reste cela ne va pas tarder. Je serai sûrement à Bar entre le 15 et le 20. Donc, prenez patience, faites comme moi.
Aujourd’hui, nous avons assisté, en service commandé, à une cérémonie anniversaire de la mort du général Serret, ancien commandant de la 66e Division, tué en 1916. J’étais du peloton d’honneur. Le drapeau des chasseurs était là, j’ai été fièrement ému de le voir. C’est une véritable ligue glorieuse, décorée de nos trois ordres militaires. Tous les fanions des compagnies et bataillons de la division étaient là, c’était une véritable armée. Après la messe, à laquelle était 4 à 5 généraux, on est allé en cortège au cimetière, sur sa tombe. Il y a eu des discours. Le moment le plus émouvant a été celui où tous les fanions et les drapeaux ont salué la tombe.
Il y avait de chics photos à prendre.
Peut-être verrez-vous des échos dans l’Illustration.

Maintenant que nous allons tenir secteur, pour quelques semaines sans doute, sans descendre : l’argent n’est plus guère nécessaire. Aussi ne m’envoyez plus de « pèze » avant que je vous en demande. Si vous voulez, envoyez des colis de n’importe quoi. Tout ce qu’on envoie fait plus plaisir que ceux qu’on achète.
Ah! Je vous quitte, du temps que nous serons là-haut, mes lettres seront brèves et peut-être plus rares. Ne vous en faites pas pour cela et priez pour moi, afin que je redescende avec mes abattis (je les ai numérotées du reste).

Je commence à être un briscard, cela ne me fait plus rien de monter, je suis tout gai et tout heureux de vivre aujourd’hui. Soyez comme moi et ne vous en faites pas.
Je vous embrasse tous bien affectueusement.

P.Collot

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