Coup de théâtre,  on nous retient à dîner à la fortune du pot.

Aux armées
le 26 février 18

 

Chers Parents

Je reçois aujourd’hui la lettre de maman que je n’attendais plus du tout. Aussi ai-je été un peu surpris! Merci d’une si longue lettre.
À ma grande surprise, je n’ai pas trop le cafard : pourtant, quelle fête perpétuelle que cette perm. trop vite passée.

Je me suis très vite remis en train, et bien en train.

Je vais vous raconter ma journée d’aujourd’hui, mais tout d’abord celle de dimanche.
Après avoir fait grasse matinée (non plus jusqu’à midi) jusqu’à 8h, j’ai fait ma toilette(si toilettes il y a), et je suis allé dévotement entendre la messe.

Après la messe : rata,  je boude un peu pour le moment en songeant un petit plat de Maman.

Aussitôt les plats expédiés, je descendis avec  Colardelle (qui m’est ce qu’Olivier était à Roland) à Moosh. Nous sommes allés ensemble sur la tombe de son père, puis prétextant une visite, il m’entraîna, ou plutôt me traîna chez une de ses parentes éloignés qui habite une jolie propriété dans le patelin. Visite insipide, banal: successivement arrive mère :  aimable vieille, fille mariée:  genre madame Vernier, deuxième fille: genre Elisabeth. On cause, les banalités succèdent aux banalités; sonnent alors  Midi – 1/4, nous nous levons. Coup de théâtre,  on nous retient à dîner à la fortune du pot. Dîner très gentil avec les trois dames et le fils de l’une d’elles, âgée de 2 ans. Il me rappelait la petite Foise d’aimables « souvenance ».  Après le dîner: café et épatante gnôle du paysan.

Nous partons. Mon cavalier me ramène chez une autre amie-parente. Pouf! Nous tombons dans une espèce de soirée récréative avec séance artistique d’ombres chinoises. On nous invite. Nous nous amusons très bien, gouttons de même. Beaucoup de manières et de cérémonie comme il convient chez les Alsaciens qui se respectent.

En partant à 6h nous revoyons les trois dames susnommées qui nous retiennent pour le souper ; souper très simple où l’on s’est très bien amusé.

Après, nous avons regardé les photos prises pendant la visite de Clemenceau.
Il y en avait une très amusante, où l’on voyait le Tigre faisant des grâces au brave gros curé de Masseroux.

Là-dessus vous avons pris congé et regagner difficilement notre perchoir sur la montagne, on nous félicitant de cette journée si agréable.

Pour le moment, ne faisons rien d’autre que nous reposer. Mais demain nous allons faire quelques petits travaux aux environs dans les bois. Je crois qu’après nous reprendrons quelque bon petit secteur analogue au dernier, cela pour une ou deux semaines.

C’est du moins ce que nous conjecturons.

J’espère que Bar est tranquille et que les alertes sont rares.

Maman m’avait dit de lui dire pour une chemise et un caleçon, ce que j’en pensais. Envoyez moi-z-en car je n’ai plus retrouvé celle que j’avais confié à la buanderie militaire.

Et si les Totos faisait une offensive, ils me trouveraient fort dépourvu pour la contre-attaque.

Je termine…

Au revoir, je vous embrasse affectueusement tous, tant que vous êtes

 

P.Collot

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