Ce soir nous avons demi-repos, car quand vous recevrez cette lettre nous serons en ligne

Lundi 11 Mars 1918

 

Chers Parents

 

C’est à plat ventre sur l’herbe par un soleil radieux que je vous écris. C’est du reste une très mauvaise posture pour faire la digestion, car nous venons de manger la soupe.
Ce soir nous avons demi-repos, revues etc., car quand vous recevrez cette lettre nous serons en ligne. Notre section sera même en 3ème ligne, en réserve de compagnie. Le secteur n’est pas mauvais, parait-il.
Depuis ma dernière lettre pas grand-chose de neuf. Vendredi, j’ai été de garde toute la journée.
J’ai eu alors l’heureuse surprise de recevoir la lettre de Jean et 2 colis. Le tout m’a fort contenté. Le linge arrivait à temps et je suis très heureux en ce moment d’avoir sur moi du linge neuf et propre.
Le gâteau (un « cake », je crois) était épatant. Mangé avec le jus, c’était un vrai régal.
J’ai de la lecture pour en ligne. Donc le tout est arrivé à point et en parfait état. J’ai reçu aussi avant-hier une lettre de Guitte. Merci encore.
Recevoir une lettre, c’est une fête pour moi comme pour vous.
Ne vous alarmez pas, si mes lettres sont maintenant plus espacées et plus courtes. Quelque fois on n’a pas une minute de tranquillité ou pas d’éclairage. Enfin, mille circonstances fortuites entraves la correspondance.
Je ferai mon possible pour vous envoyer un mot chaque fois que je pourrai.
Toujours pas de nouvelles des E.A.. J’ai reçu hier une lettre d’A. Schwarz qui me communique de source sure que les cours d’Issoudun commencent le 24 de ce mois. Est-ce pour nous cette session ?
Si oui, peut-être ne me ferait-on pas passer d’examen en raison de mes bachots ? Car l’examen est d’instruction seulement ? J’aimerais autant, car ma mémoire est rouillée après le mois au front et je pourrais faire des gaffes.
J’attends les évènements !

Hier je suis descendu jusqu’à St Amarin : c’est beaucoup moins important que Thann et cela n’a rien de bien curieux. J’ai vu plusieurs alsaciennes en tenue. C’est très joli.
Pour remonter ici, j’ai mouillé ma chemise, car si le trajet est court, il est fort pénible, à pic tout le temps. Et il faisait un soleil magnifique, un vrai soleil de printemps.

J’espère que vos nuits sont toujours aussi calmes que les nôtres, et que Bar n’a plus rien vu de désastreux depuis mon départ.

Je ne puis mieux terminer ma lettre qu’en vous redisant toute mon affection et en vous embrassant de tout cœur.

P.Collot

 

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