au fur et à mesure que j’écris je me sens plus triste et plus seul dans cette tranchée dévastée…

Mon cher Papa

Au moment où j’écris ces lignes, j’évoque avec une certaine mélancolie émues les autres St Joseph que j’ai pu voir jusqu’ici. Combien ce 19 Mars 1918 ressemble peu à ses précédents.
Au lieu de venir joindre mes souhaits à ceux que vont t’adresser tous ceux qui te sont chers, c’est d’une tranchée d’Alsace qui court sous les sapins verdoyants que je viens te souhaiter une bonne et heureuse fête et à cette occasion te redire combien je t’aime.

Que Dieu te garde encore longtemps au milieu de nous pour notre joie à tous.
Qu’il bénisse tous tes projets !
Qu’enfin, pour ton bonheur et pour le nôtre, il permette une paix durable et glorieuse, qui nous verra tous au foyer inviolé !

Tu me permettras de ne pas insister plus longtemps à ce sujet.
D’abord parce que le temps me manque, et qu’ensuite au fur et à mesure que j’écris je me sens plus triste et plus seul dans cette tranchée dévastée… que je ne pourrai quitter pour venir t’embrasser.
Je ne veux pas faiblir et faillir en même temps à mon devoir.
Au revoir, je te quitte en t’embrassant de tout mon cœur et comme je t’aime.

 

P.Collot

 

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