Enfin, il y aurait pu avoir plus de casse. Cela ne va pas mal autrement, le moral est assez bon.

Aux Armées le
4 septembre 18

 

Chers Parents

 

Je pense que maintenant vous êtes un peu rassurés sur mon sort et que vous avez bien reçu ma dernière lettre.
Depuis ce jour, ou je vous ai écrit, j’ai encore une fois sauté le parapet et couru sus aux Boches. Je m’en suis tiré grâce au Ciel, aussi bien cette fois ci que l’autre et à part les gaz que j’ai absorbé en conscience, comme tous les camarades, cela a assez bien marché ?
Le Fritz se laisse pas faire tout seul et sent bien que les positions qu’on lui enlève sont de la plus haute importance, aussi il nous donne du fil à retordre. Hier nous avons encore avancé de deux à trois kilomètres malgré les mitrailleuses qu’on trouve à foison, et presque sans perte.
Voila 2 attaques que l’ancien sous-lieutenant de Papa nous fait faire en 5 jours. J’espère qu’il va un peu nous laisser souffler maintenant. On en aurait besoin : je commence à avoir les jambes en flanelle, et le tempérament bouleversé.
J’ai appris aujourd’hui la prise de Feronnes( ?) et cela m’a remonté le moral. Les Anglais marchent bien : cela doit être moins dur que par ici.
En ce moment, je suis chef de demi-section, c’est pas dur, ni compliqué. J’ai 3 poilus en tout, les autres … ???
Enfin, il y aurait pu avoir plus de casse. Cela ne va pas mal autrement, le moral est assez bon. Il a été bien près des planchers. Figurez-vous que nous n’avons plus un brin de tabac à la section.
Pendant 3 jours, je n’ai pas fumé deux cigarettes et hier j’ai été fort heureux de trouver un Kolossal cigare boche, que j’ai fumé avec délices, bien qu’il ne soit pas épatant. Maintenant nous venons de toucher les « gros c. » alors les bouffardes se sont rallumées et le moral s’est remonté tout seul, surtout qu’on avait touché une torpille complète de pinard par homme. Pauvres civils !
Je veux bien vous renseigner : une torpille c’est deux « Kiles », et deux kiles, c’est deux litres. Pigez-vous ?

Quand vous m’enverrez un colis, mettez-y donc, s.v.p., du per ??il, pour que nous n’ayons plus à revivre les heures douloureuses des jours sans tabac.

Je termine, priez toujours pour moi et je vous embrasse tous bien affectueusement.

P. Collot

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